Les Éditions de la MSH font leur rentrée
Le monde de notre rentrée s’affranchit de la marchandisatio ...
Après un rappel historique de la création des universités françaises au Moyen Âge jusqu’à la Révolution, Jean-Yves Mérindol consacre son étude aux deux cents ans de politiques de l’enseignement supérieur en France à partir du moment où les universités de l’Ancien Régime disparaissent et que des plans audacieux comme Condorcet sont conçus. Et en traversant la grande histoire, pendant les périodes crises, notamment l’occupation et Vichy, en 1968, il s’intéresse aux « événements » qui agitent l’université qui obligent le pouvoir gaulliste à revoir cette architecture, donnant naissance aux universités modernes, sur la base de principes toujours d’actualité : autonomie, interdisciplinarité et participation. On ne peut qu’être frappé par l’actualité des questions posées entre 1789 et 1890 et par la façon dont se cristallisent les représentations sociales et politiques autour de grands clivages toujours actuels : recherche pure/application des sciences ; Paris/province ; grandes écoles/facultés. L’exhaustivité nécessaire afin de pleinement saisir le fonctionnement politique de l’université française apporte une somme qui fera date tant pour les historiens des institutions et de la fabrique du savoir que pour les administrateurs et personnes de terrain. Écrire une histoire politique des universités est un pari ambitieux, il a demandé à son auteur un travail d’une érudition nécessitant rigueur et didactique. Ce travail à la fois méticuleux et limpide ne pouvait sans doute être que le travail d’un enseignant-chercheur ayant également exercé les plus hautes charges dans l’administration des universités et dans le conseil, son expérience ayant nourri à la fois sa compréhension et sa connaissance.